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CE N’EST PAS UNE BLAGUE : TOTO FERME

Place du Champ Jacquet, dans le centre-ville, Toto était connu de toutes les couturières bretonnes depuis 1961. Le magasin était l’un des grands spécialistes de tissus au meilleur prix. En pénétrant dans ces lieux, les clients avaient l’impression de redécouvrir l’ambiance du marché Saint-Pierre, à Montmartre. En franchissant les portes, ils retrouvaient avec plaisir les vendeuses avec leurs mètres, capables de dénicher pour eux les meilleures étoffes à bon marché. 

Pour beaucoup, la boutique était un passage obligé. Pour certains, elle était un plongeon nostalgique dans les commerces d’autrefois où le conseil était roi et où l’accueil était un devoir. Mais pour tous, c’était un temple exotique, mi-souk de Marrakech, mi-marché de Bombay. C’était le saint des saints de la couleur où l’on achetait des toiles de Jouy, de la dentelle fine et bien d’autres surprises. « Je trouvais toujours ce que je cherchais, » explique Sophie. 

Ici, la mercerie complétait cette caverne d’Ali Baba. Elle proposait les paires de ciseaux d’Irma (la secrétaire de la Catasfiore), les mètres ruban de Christian Dior, les crayons marqueurs de Jean-Paul Gaultier, les dés à coudre d’Yves Saint-Laurent et les boutons de Chanel. Grâce à cet inventaire à la Prévert, chacune et chacun avaient de bonnes raisons pour se remettre à repriser ses chaussettes, à piquer ses genouillères ou encore à confectionner un ourlet. 

Parfois, chez Toto, les clients se laissaient tenter par le linge de maison, de table, de bain et de lit pour les glisser sur une liste de mariage. D’autrefois, on s’enflammait pour les rideaux, les voilages qui, par leurs couleurs ou leurs motifs, indiquaient très rapidement votre goût et vos origines sociales. Ce temps est désormais révolu ! Mais l’on pourra jusqu’au 14 juillet, emporter avec soi un morceau de ce tissu de ce passé bariolé, avant la fermeture définitive. 

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