Retrouvez toute l'information économique de proximité

Chez Simone et Anatole : la table solidaire ouverte à tous

Dans le quartier de la Touche, le nom du nouveau restaurant solidaire ne doit rien au hasard. « Nous sommes place Simone de Beauvoir et à deux pas de la station Anatole France », résume simplement Olivier Tan, salarié du lieu. Ouvert depuis le début du mois d’avril, Chez Simone et Anatole se niche sous les arcades de l’ancienne caserne Mac Mahon. Il est porté par les associations L’Autre Regard et Le Clin d’œil, avec le soutien du bailleur social Espacil.

Depuis quelques jours,, l’établissement commence déjà à faire parler de lui. Il propose un espace chaleureux, accessible à tous, où l’on vient autant pour déjeuner que pour participer à une aventure collective, bénévole et solidaire. « Notre restaurant fonctionne du lundi au vendredi, le midi uniquement », indique Olivier Tan. En salle, une cinquantaine de couverts peuvent être servis, avec une capacité plus large grâce à la terrasse. Mais au-delà de sa jauge, c’est surtout son modèle qui retient l’attention. « C’est un bistrot solidaire et participatif. Je suis ici le seul salarié et le reste de l’équipe est bénévole. Dans les faits, chacun peut venir manger, mais aussi filer un coup de main, selon ses envies, ses disponibilités ou son parcours.»

Chez Simone et Anatole, la popote végétarienne se veut simple, soignée et accessible. « Ici, ce ne sont que de bons produits, 80 % bio. Et c’est du fait maison », insiste Olivier Tan. Au fil des jours, la carte suit une organisation par techniques culinaires : tartes le lundi, pâtes fraîches le mardi, galettes de légumes le mercredi, légumes rôtis le jeudi, naan le vendredi.  « C’est une manière d’installer une identité, tout en restant fidèle à une cuisine de quartier, conviviale et généreuse.»

Une tarification pensée pour la mixité sociale

L’autre singularité du lieu repose sur son mode de paiement. Ici, trois tarifs sont suggérés : 5, 9 ou 13 euros. « Chacun règle comme il veut », explique Olivier Tan. « Ceux qui payent le plus financent ceux qui payent le moins. Notre objectif est de permettre à des clients aux revenus modestes de venir déjeuner dans les mêmes conditions que les autres. Le tarif le plus bas s’adresse notamment aux personnes âgées avec de petites retraites, aux allocataires du RSA, aux étudiants ou à tous ceux disposant de faibles moyens.»

Chez Simone et Anatole, tout repose sur un engagement collectif quotidien. Chaque service mobilise des bénévoles, issus des associations partenaires, habitants du quartier ou proches du projet. « Je suis sans emploi, en ce moment. Au lieu de rester chez moi à broyer du noir, je me fixe une journée ici  pour aider Olivier et effectuer quelques menus travaux», explique l’un d’eux, ami de longue date d’Olivier Tan.

Derrière Chez Simone et Anatole, deux associations rennaises, L’Autre Regard et Le Clin d’Œil accompagnent des personnes présentant une fragilité psychique (burn-out, accident de vie ou troubles plus durables). « Dans nos parcours de vie, on a tous  des chocs, des ruptures. Certaines personnes mettent plus de temps à se rétablir. Ces associations sont là pour les soutenir.  Le restaurant leur offre un cadre pour reprendre pied, retrouver un rythme et contribuer à un projet valorisant.» À Rennes, Chez Simone et Anatole démarre avec une ambition modeste en apparence, mais forte : offrir des repas faits maison à prix librement choisi. Dans une époque marquée par l’isolement et la précarité, cette promesse vaut déjà beaucoup.

Les commentaires sont fermés.