la Comtesse du Barry tire sa révérence devant le roi Café
Rennes, le 27 avril, 11 h. La comtesse du Barry se barre ! Dans la rue de la Parcheminerie, la boutique faisait partie du paysage depuis des années. Elle était un repère du bon goût, avec ses vitrines de foie gras, ses coffrets gourmands et son accent du Sud-Ouest. Une page se tourne, discrètement, mais pas sans signification. Car derrière cette fermeture, c’est plus d’un siècle d’histoire gastronomique qui s’efface localement dans la capitale bretonne.
Fondée en 1908 à Gimont, dans le Gers, la Comtesse du Barry était devenue une référence de l’épicerie fine française. Pionnière de la vente par correspondance, elle a largement contribué à diffuser les produits du terroir d’Aquitaine, avec des centaines de points de vente et une identité forte construite autour du foie gras mais aussi du canard. Reprise en 2011 par la coopérative Maïsadour, la marque n’a jamais totalement retrouvé l’enthousiasme espéré face aux nouvelles modes culinaires. En mars 2026, elle a changé à nouveau de mains, confiée à un consortium d’entrepreneurs du Sud-Ouest qui promettent un retour aux racines et un nouvel élan. Mais ici, en centre-ville, le rideau est tombé définitivement.
À sa place, un autre monde s’installe dans le cœur de la capitale bretonne, avec un nouveau venu Terres de Café. Fondée en 2009 par Christophe Servell, meilleur torréfacteur de France, cette enseigne incarne le café de spécialité dans ce qu’il a de plus exigeant avec traçabilité, travail précis sur la torréfaction, mise en avant des exploitants. Avec ce nouvel acteur, le café devient un produit de terroir à part entière, avec une présence en France et à l’international, et plusieurs distinctions comme le Global Coffee Awards.
Ce remplacement illustre une mutation plus large des centres-villes, où les boutiques traditionnelles cèdent progressivement la place à des concepts plus contemporains. Les coffee shops en sont un exemple symbolique. Ils attirent désormais une clientèle en quête d’expérience autant que de produit. Selon un reportage du journal de 20 h de TF1 diffusé pas plus tard qu’hier soir (voir ici), leur nombre a doublé en quinze ans, concurrençant désormais les bistrots, séduisant les jeunes actifs. Mais cette dynamique cache aussi une fragilité. Derrière l’image tendance, le modèle économique reste incertain : près de 40 % des coffee shops ne sont pas rentables, et le marché pourrait atteindre un point de saturation dans les prochaines années. Le café de spécialité fascine, mais ne garantit pas le succès.Terres de café ouvre bientôt, rue de la Parcheminerie.



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