Retrouvez toute l'information économique de proximité

18 millions d’euros de fraude sociale en 2025

Dix-huit millions d’euros ont été détournés en 2025 dans le département. La fraude (sociale, fiscale et documentaire) est plus que jamais dans le viseur du préfet et du procureur de la République. L’an dernier, les opérations de contrôle ont augmenté de 110 %

Le préjudice est énorme. En 2025, 18 millions d’euros ont été détournés des caisses sociales de l’État en Ille-et-Vilaine. Prestations sociales versées à des « fantômes », indemnités payées pour des fiches de paie factices… Tous les procédés sont bons pour frauder socialement.

En parallèle, 7 millions d’euros ont été recouverts par les services, et 2 millions de pénalités ont été infligées. « En lien avec le Parquet, mais aussi avec tous les organismes sociaux (CPAM, CAF, Urssaf…), les administrations de l’État (Finances publiques, Fisc, Police, Gendarmerie…) ou encore France Travail, nous coordonnons tous nos contrôles », assure le préfet Franck Robine.

En déterminant conjointement les actions prioritaires à mener et les cibles à viser, ces différents services ont pu mener 72 opérations dans 154 établissements. « En intervenant ensemble, nous leur laissons moins de chances de passer à travers des mailles du filet », précise Frédéric Teillet, procureur de la République. Ces opérations ont augmenté de 110 % par rapport à 2024.

Fraude fiscale et fraude documentaire

En 2025, les entreprises du département ont été redressées à hauteur de 3 millions d’euros. Le préjudice reste cependant de 1,5 million d’euros. « Travail au noir, sous traitance de sous traitance, auto-entreprises factices… En plus de mettre les travailleurs en danger, ces pratiques attaquent le cœur du pacte républicain », insiste le préfet. « Cela porte atteinte au modèle social et met des gens fragiles dans des situations encore plus fragiles », martèle Franck Robine.

« LA FRAUDE NE PAIE PAS ! »

Pour percevoir indûment des prestations, il faut des documents falsifiés. « De faux bulletins de salaire permettent de toucher de vraies prestations. Un faux certificat médical engendre de vraies indemnités journalières. Sans parler d’une usurpation, qui permet de débloquer des crédits bancaires… en laissant la victime se débrouiller avec les créanciers », liste Frédéric Teillet. En 2025, 117 signalements ont été faits au Fisc.

« Un travail au long cours »

Des enquêtes judiciaires de longue haleine sont nécessaires, car un simple contrôle ne permet pas de tout mettre à jour. « Notre objectif est de monter des dossiers solides et de saisir des sommes. La fraude ne paie pas », affirme le préfet Franck Robine qui annonce avoir ainsi pu saisir 1,8 million d’euros l’an passé, ainsi que 580 000 euros de biens confisqués. « Nous taperons systématiquement au portefeuille des fraudeurs, pour rembourser les sommes volées aux organismes sociaux et aux victimes. » Avec Julien Moreau. 

Les commentaires sont fermés.