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Après 36 ans de République, Isabelle priée de quitter les lieux en septembre

À Rennes, sa silhouette fait partie du décor. Devant la place de la République, Isabelle Amouriaux installe son camion tous les matins, du lundi au vendredi, jusqu’à 14h30. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, elle est là. « 36 ans, place de la République », confirme-t-elle. En 1990, elle a commencé avec l’ancienne propriétaire du camion. « En 2005, j’ai racheté son affaire. »

Depuis, Isabelle est fidèle à « Répu » où elle propose un menu breton à huit euros avec galette-saucisse, petites frites, crêpe et boisson. « Mais pas que », précise-t-elle. Les habitués comme les gens de passage peuvent aussi repartir avec des sandwiches, des galettes jambon-fromage…

En 36 ans, la commerçante a vu défiler du monde devant elle. Elle a même connu quelques chambardements. « On a déjà bougé quand ils avaient déjà refait l’enrobé à des endroits », se souvient-elle. Mais cette fois, la transformation est plus radicale. « Ils reprennent toute la place. Et après, ils ne veulent plus personne là. Pourquoi ? Je ne sais pas. Cela m’embête, car j’aime bien ce que je fais ! »

Isabelle espère toutefois rester jusqu’en septembre. Ensuite, il faudra partir. « Des alternatives m’ont été proposées : place Hoche, devant La Sagesse, parfois en périphérie. Mais pas à temps plein. Il y a des tranches, soit lundi-vendredi, soit qu’une journée. » Et surtout, les solutions sont sans électricité. « Il faudra qu’on rachète un groupe électrogène. Mais c’est un investissement que je ne souhaite pas faire. Cela coûte cher. »

À deux ans et demi de la retraite, la décision municipale serait lourde de conséquences financières. Conséquence, elle va peut-être être obligée d’anticiper. « Je recherche un emploi pour le mois d’octobre, on ne sait jamais. Si vous entendez parler de quelque chose… N’importe, du moment que je travaille pour pouvoir payer ma retraite. » Son employée, Andrea, devra elle aussi retrouver un poste. « Mais ce n’est pas ça que j’ai souhaité », glisse Isabelle.

À la République, son départ ne passera pas inaperçu. Après trente-six ans de présence quotidienne, par tous les temps, en septembre il faudra s’y faire. Il n’y aura plus de sourire, plus de camion, plus de galettes-saucisses sur le pouce. Cela faisait trente six ans qu’elle était la visage de la République.

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